Législatives – Les candidats indépendants soumis au parrainage

Le projet de loi organique relatif à l’élection des députés exige le parrainage de dix élus pour les candidats non affiliés à un parti politique. L’effectif des candidats « indépendants » sera ainsi réduit. En voie de disparition. La prochaine élection législative verra moins de candidats « indépendants ». Le projet de loi organique, relatif à l’élection des députés à l’Assem­blée nationale, favorise les candidats issus de partis politiques ou d’une coalition de partis politiques. L’article 18 dans le chapitre relatif à la présentation de la candidature de ce projet de loi stipule en effet que: « Toute candidature à l’élection de député à l’Assemblée nationale, et celle de son suppléant, doit être investie par un parti politique légalement constitué ou une coalition de partis politiques légalement constituée, ou parrainée par une liste de dix élus membres des conseils communaux, municipaux, maires, issus de la circonscription électorale concernée. » Ainsi, les prétendants au poste de députés de Madagascar, qui ne sont pas affiliées à un parti politique, doivent fournir une attestation de parrainage par des élus « selon les conditions définies par les dispositions des articles 18 et 19 » de la loi organique. Une disposition rédhibitoire d’autant plus que l’article 19 interdit aux élus locaux de parrainer « plus d’une candidature dans une même circonscription électorale, sous peine de nullité des candidatures concernées » À la lumière des sénatoriales du 29 décembre 2015, il est recensé douze mille quatre cent soixante deux élus dans tout Madagascar. Le parti Hery vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) n’a laissé que des miettes aux autres partis et peu de place pour les indépendants en raflant trente-quatre des quarante-deux sièges à pourvoir. Ainsi, il est peu probable que ces élus transgressent la discipline du parti au pouvoir d’autant que le HVM a obtenu 60,56% des suffrages exprimés soit sept mille cinq cent quarante-huit voix. Transfuges Le nombre de candidature à la législative de l’année prochaine connaitra ainsi un lifting à moins que les candidats « indépendants » créent un nouveau parti politique ou rejoignent le rang des existants. D’une manière générale, l’électorat malga­che vote pour la personne plutôt que l’idée ou le programme d’un parti. Cela explique le succès des candidats « indépendants » à chaque élection. Lors des législatives en 2013, ils ont raflé trente quatre sièges sur les cent cinquante –et-un à pourvoir, surclassant les « grands » partis. En politique, être indépendant signifie que la personnalité n’est liée à aucun parti politique ou affirmant son indépendance par rapport aux clivages politiques habituels et proposant un programme électoral personnel. Toutefois à Mada­gascar, une fois élu, il est fréquent que ces « personnalités » changent d’obédience politique en rejoignant généralement le parti au pouvoir. Principaux acteurs de la « majorité à géométrie variable » au niveau de l’Assemblée nationale, les élus sous les couleurs « indépendants » dépendent finalement des offres alléchantes souvent pécuniaires. (source : l’express de madagascar)

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