Après quinze ans de coma, retour à une conscience minimale pour un patient

Grâce à des spécialistes de l’institut des Sciences Cognitives Marc-Jeannerod de Lyon, un homme de 35 ans, plongé depuis 15 ans dans un état végétatif a réussi à récupérer un état de conscience minimale. Une première étape, certes, mais il s’agit avant tout d’un traitement chirurgical prometteur et d’une avancée thérapeutique importante.

Victime d’un accident de voiture à 20 ans et souffrant de graves lésions cérébrales, le patient en question n’a jamais repris conscience. Capable seulement de quelques mouvements réflexes, il ne répondait à aucune stimulation externe.

Jusqu’à présent, les médecins considéraient qu’après une quinzaine d’années passées dans un tel état, il n’y avait plus rien à faire. L’équipe de neuroscientifiques de Lyon vient de prouver le contraire.

Traitement expérimental

Elle a mis en place un traitement expérimental de 6 mois. Il consiste à implanter une électrode dans le cou du jeune homme et d’envoyer des impulsions électriques dans le nerf vague reliant son cerveau à d’autres organes de son corps. Les résultats ne se sont pas fait attendre, puisque des changements ont été constatés assez rapidement.

Le malade est aujourd’hui capable de suivre un objet des yeux, de tourner la tête, de sourire et de pleurer dans des situations appropriées. « C’est bien de conscience qu’il s’agit » expliquent les chercheurs lyonnais. Le professeur Steven Laureys, du département de Neurologie du CHU de Liège en Belgique, se rejouit de cette annonce. Ce résultat, « même si ce n’est qu’un patient, montre quand même que le vieux dogme [qui dit que] de toute manière on ne peut rien faire pour aucun de ces patients, est faux ».

Il estime que ce nouveau traitement a le potentiel pour « mieux aider ces patients ». Après tout, « si on ne fait rien, évidemment ces patients ne vont pas mieux ». Les chercheurs restent toutefois prudents. Ils ne savent pas encore si les effets de leur traitement seront durables et si tous les malades en état végétatif pourront en bénéficier. Une étude plus large doit être lancée pour répondre à toutes ces questions.

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