Mais pourquoi Instagram est-il un tel repaire à harceleurs?

Il y a un an, en septembre 2016, Instagram décidait de s’attaquer sérieusement au problème du harcèlement sur son site. Quelques semaines plus tôt, le chanteur Justin Bieber quittait le réseau social à cause d’une vague de commentaires péjoratifs sur l’une de ses photos.

Le site, désormais propriété de Facebook, a dévoilé de nouvelles fonctionnalités en septembre pour lutter contre les trolls en tout genre, notamment la mise en place d’un algorithme automatique pour filtrer les commentaires abusifs, pour l’instant uniquement en anglais, et qu’il sera possible de désactiver. Autres possibilités : désormais les hashtags jugés « dangereux » seront masqués, et une option déjà disponible depuis un an dans le monde anglo-saxon apparaît en France, permettant de signaler un utilisateur en détresse.

42 % des personnes interrogées disent avoir été harcelées sur Instagram

« Notre équipe alimente nos systèmes depuis quelque temps afin qu’ils reconnaissent les commentaires offensants et indésirables. Les outils s’amélioreront avec le temps. Il est plus facile pour les humains que pour les ordinateurs d’identifier le contexte, donc nous avons encore du travail pour perfectionner notre technologie », explique la direction d’Instagram par communiqué.

L’entreprise a été obligée de sévir après une nouvelle vague de signalements à la rentrée 2017. En juillet, l’organisation britannique anti-harcèlement Ditch The Label a publié son sondage annuel, aux conclusions terribles pour Instagram : 42 % des personnes interrogées indiquaient y avoir été harcelées, contre 37 % sur Facebook et 31 % sur Snapchat. « C’est difficile à comprendre. Nos outils de signalement sont extrêmement faciles à utiliser et nous voulons nous assurer que les utilisateurs signalent tout contenu qu’ils trouvent injurieux sur Instagram », précise un porte-parole du réseau social.

« Un sentiment de microcosme »

Romain Rissoan, consultant en transformation digitale et auteur de Réseaux sociaux, comprendre et maîtriser ces nouveaux outils de communication, a vu un essor des problèmes de harcèlement depuis un à deux ans. Selon lui, la nature d’Instagram fait du site le terrain favori des harceleurs : « Sa particularité est d’être plus « underground ». C’est un réseau exclusivement mobile, plus intimiste que les autres, qui donne un sentiment de microcosme. Les utilisateurs y partagent des choses plus intimes, le niveau de proximité y est plus fort. De fait, comme la plupart des gens gardent leur profil en public, il y a une plus grande facilité à ce que des gens qui ne vous connaissent pas vous jugent, contrairement à Facebook. On s’expose vraiment aux yeux de tous, ce qui peut servir d’arme aux harceleurs. »

En attendant de voir les effets du nouvel algorithme anti-harcèlement, Instagram assure avoir reçu « énormément de retours positifs de la part de la communauté » sur ses dernières initiatives.

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