La Corée du Nord lance un missile au-dessus du Japon

La Corée du Nord a lancé le jeudi 14 septembre à 22 h TU, (vendredi matin 15 septembre à Tokyo), un missile qui a survolé le Japon, plus particulièrement l’île japonaise de Hokkaido, pour la deuxième fois en trois semaines. Le missile s’est ensuite abîmé dans les eaux du Pacifique Nord. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a parlé de menace « grave et sans précédent ». De son côté la Corée du Sud a aussi condamné le tir, et a répliqué ce matin par un exercice de tir de missile en mer. Le Conseil de sécurité de l’ONU va se réunir en urgence vendredi à 19 h TU.

L’engin a survolé l’île septentrionale japonaise de Hokkaido vendredi à 7h06 minutes locales (jeudi 22h06 TU) ont précisé les autorités nippones, soulignant que le système d’avertissement J-Alert a été déclenché dans plusieurs régions du nord de l’archipel.

Le missile nord-coréen a décollé depuis un pas de tir situé près l’aéroport de Pyongyang, la capitale, rapporte notre correspondant à Séoul,Frédéric Ojardias. Il a survolé l’île de Hokkaido, au Japon, avant de s’abîmer dans les eaux du Pacifique Nord. Selon la Corée du Sud, l’engin a atteint l’altitude de 770 km et a parcouru 3 700 km. Le tir est probablement un succès, et un succès significatif : c’est la plus grande portée jamais atteinte par un missile balistique nord-coréen. Les deux engins intercontinentaux testés en juillet avaient une trajectoire en cloche : ils sont partis très haut, mais pas loin.

Renforcer la pression sur la Corée du Nord

Ce nouveau tir intervient alors que le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, se trouve en visite en Inde où, jeudi, il a de nouveau appelé à renforcer la pression sur la Corée du Nord. Le ministre nippon de la Défense, Itsunori Onodera, et le secrétaire général du gouvernement, entre autres, s’apprêtaient dans les minutes suivant ce nouveau tir à ouvrir un Conseil de sécurité nationale.

C’est la deuxième fois en moins d’un mois qu’un missile nord-coréen survole l’archipel. Le précédent engin passé au-dessus du nord du Japon avait été tiré le 29 août. Entre-temps, la Corée du Nord a aussi effectué un sixième essai nucléaire, le 3 septembre.

Ce tir est la réponse du régime de Pyongyang au huitième train de sanctions voté à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies lundi à New York, après cet essai nucléaire nord-coréen.

L’UE adopte les sanctions de l’ONU

L’Union européenne a également renforcé jeudi son arsenal de sanctions contre la Corée du Nord, en adoptant des mesures décrétées début août par les Nations unies en réponse au tir réussi d’un missile balistique intercontinental (ICBM) nord-coréen capable d’atteindre le continent nord-américain.

L’UE a pour habitude de s’aligner systématiquement sur les sanctions décidées à l’ONU et elle a d’ores et déjà promis d’adopter également les nouvelles mesures punitives onusiennes -dont une limitation des livraisons de pétrole- décrétées lundi contre le régime dirigé par Kim Jong-Un après son puissant essai nucléaire de début septembre.

Mais ce test a surtout un objectif technique : il permet aux ingénieurs nord-coréens de continuer à amasser des informations pour faire progresser leurs technologies balistiques ; notamment le retour dans l’atmosphère d’une ogive. Face aux pressions qui s’accroissent, le régime veut obtenir au plus vite un missile balistique opérationnel.

La Chine reste pour le moment sans voix

A 6h53 (heure de Pékin), un maigre communiqué de l’agence de presse Chine Nouvelle a annoncé le tir du missile nord-coréen « en direction de l’ouest ». Depuis, pas la moindre réaction, voire condamnation officielle, indique notre correspondante en ChineHeike Schmidt.

Cependant, cette nouvelle provocation confirme ce que Pékin ne cesse de dire : Kim Jong-un ne se laissera pas intimider. Isolé et dos au mur, le turbulent dirigeant risquerait même de menacer son allié traditionnel la Chine, estiment ici certains experts, convaincus que Kim Jong-un développera l’arme nucléaire coûte que coûte dans le but d’assurer sa survie. La Chine s’avoue d’ailleurs incapable de stopper la course folle de son voisin.

Pas sûr que Pékin appréciera l’appel du secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson qui exhorte la Chine et la Russie à faire directement pression sur la Corée du Nord, alors que la Chine a toujours refusé toute mesure unilatérale et compte sur les Nations-Unies pour résoudre le conflit. Pékin souhaite toujours un retour au dialogue. Pas question jusqu’à maintenant d’accepter un embargo total sur le pétrole, par crainte de voir le régime nord-coréen s’écrouler. Ce qui ne serait pas dans l’intérêt de la Chine.

(Source: rfi.fr)

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